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Le semeur est sorti pour semer (Mt 13 .3)

Jésus accomplit en priorité son ministère auprès des malades atteints de toutes sortes de maux: lèpre, cécité, surdité, paralysies diverses, comportements anarchiques relevant sans doute de la psychiatrie, hémorragie, fièvre... Rien, apparemment, ne lui est étranger et ne l'arrête si bien que Matthieu peut écrire (8,16-17) « ... il guérit tous les malades, afin que s'accomplit l'oracle d'Isaïe: il a pris nos infirmités et s'est chargé de nos maladies (Is 53,4) » et cela en vue de sauver l'âme de l'homme pécheur. Le corps guéri - c'est la part, aujour,d'hui du médecin - n'est alors que l'image de ce que Dieu seul peut accomplir dans les esprits et les âmes.
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Alors pourquoi une aumônerie?

Pour être fidèlement, jour après jour, témoin du Christ sur une terre d'élection. Sans doute, certain(e)s seraient plus aptes à évoquer les tâches quotidiennes d'une aumônerie dans un établissement hospitalier comme la Polyclinique: celle-ci, en effet, recèle les mêmes maux que partout ailleurs. Ces maux sont au cœur de l'homme et ne sont pas seulement le lot du patient hospitalisé et fragilisé. On est très souvent surpris de voir que le badge indiquant l'appartenance à l'aumônerie catholique déclenche curiosité, réflexion et questionnements divers du patient mais aussi dans l'entourage - conjoint, parents, amis... - , chez ceux qui viennent là rendre visite à l'hospitalisé. Sans compter le personnel soignant qui, lui aussi, questionne et échange avec les membres de l'aumônerie. Il faut alors accueillir et savoir parfois, en dialoguant, soulager tout en sachant que seul Dieu peut, en réalité, le faire. Le visiteur de l'aumônerie, par sa seule présence et l'annonce de son appartenance, pose en' fait déjà question. Il n'est pas là pour convertir- les séjours sont désormais si brefs... - mais, en lui-même, il porte un questionnement sous-jacent. malade2

Toutes les portes

Les membres de l'aumônerie frappent à toutes les portes sans exception - et pas seulement à celles derrière lesquelles un chrétien les attend - en sachant que les questions seront bien souvent là où on ne les suppose pas et que les paroles doivent être avant tout, dans la vérité, des paroles d'espérance et d'apaisement. Même l'athée - ou qui se dit tel - est sensible au fait que nous soyons vrais et clairs avec nous-mêmes malgré la difficulté assumée. Savoir que l'on n'a pas de réponse(s), en donner une qui n'engage que soi et le reconnaître: le malade ou son entourage sera reconnaissant de cette vulnérabilité née de la franchise .Nous ne sommes que des témoins et ce n'est pas une position facile. Je me suis toujours souvenu de cette patiente en fin de vie qui, s'adressant à moi, élève-infirmière à la trentaine dépassée, m'a suppliée, un matin, :« Dites-moi, vous, si je vais mourir ».Et bien sûr j'ai éludé: « Qu'est-ce que vous me racontez Ià... ? ». Le soir, dans la plus extrême des solitudes, elle était morte. Par peur, incapable alors de comprendre, je m'étais soustraite à l'appel, obéissant au comportement normé demandé. Le Christ n'était pas là et aucun témoin ne l'avait représenté ce jour-là... Dans la foi, il faut répondre~ certes avec douceur et délicatesse, mais répondre! Et les questions sont tellement graves certains jours...
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Une équipe?

En effet, le visiteur rencontre seul le ou les occupants d'une chambre? Il est parfois très dur d'assumer certains états quels qu'ils soient mafs faire partie d'une équipe, même réduite à sa plus simple expression, c'est porter ensemble les ressentis terre à terre et souvent
insupportables de la souffrance physique, le poids des questionnements et des douleurs qui accablent esprits et âmes. C'est savoir parfois passer le relais et reconnaître ensemble son total dénuement: les mains sont vides et paroles et actes paraissent si fragiles et si vains! Mais l'évangélisation du « tout-venant)} est à ce prix. Les établissements hospitaliers sont terres d'évangélisation uniques et exceptionnelles car l'Esprit souffle où il veut sur un terreau souvent à l'abandon même chez ceux qui se réfèrent au Christ. Et, avant de frapper à une porte derrière laquelle se . ache l'inconnu, c'est au Christ, notre Maître, que, en un éclair, nous demandons tout d'abord de nous accompagner, ensuite d'inspirer un comportement digne de Lui et enfin de mettre dans notre bouche les mots qui conviendront. Après tant d'années et de portes poussées, c'est le dénuement accepté qui permet de poursuivre une tâche qui semble ressembler au tonneau des Danaïdes dans un monde déchristianisé.

Le Christ nous le redit sans cesse au creux de l'oreille: ...Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger (Mt 11, 30) Je suis avec vous, Je suis avec toi . Le regard échangé, l'étreinte d'une main, le " Merci" murmuré ou encore le « Reviendrez-vous? » faiblement chuchoté sont autant de votives déposées aux pieds de notre Père commun, et quelquefois un reflet de la transfiguration à venir. L'aumônerie  vous attend pour semer.

Liette Réau.

 

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